Chant III : L'Éveil d'Érebo
En avril, émerge Monero issu de Bytecoin, apportant une véritable vie privée à la blockchain.
En octobre 2013, un livre blanc intitulé *CryptoNote v2.0* apparut sous le pseudonyme Nicolas van Saberhagen, un nom dont le vrai porteur n'a jamais été identifié, faisant écho à la tradition fondatrice de Satoshi. Le livre blanc décrivait un protocole pour des transactions véritablement privées, résolvant les problèmes structurels de Bitcoin de manière élégante.
Le protocole CryptoNote décrivait comment construire un ledger véritablement anonyme. Bytecoin a émergé en premier, implémentant ces principes, mais a été découverte avec 80 % de l'approvisionnement déjà pré-miné en secret, une trahison de la philosophie de décentralisation. Une réimplémentation propre était nécessaire.
Le 18 avril 2014, thankful_for_today lança BitMonero, dérivé du code de Bytecoin avec une nouvelle chaîne. Des désaccords amenèrent la communauté à reprendre le développement sous le nom Monero. Le groupe de mainteneurs se forma durant cette transition, plutôt que sept fondateurs déjà réunis.
Et en s'éveillant, Érebo n'est pas venu comme Bitcoin, radiant, transparent, accueillant. Il est venu en silence. Sans campagnes de marketing. Sans sponsors célèbres. Juste du code et une communauté qui comprenait le problème en cours de résolution.
Érebo des Grecs n'était pas le mal. Il était le primordial. L'obscurité qui précède l'aube, sans laquelle l'aube serait invisible. Monero, de la même manière, n'est pas venu pour détruire Bitcoin, il est venu pour compléter ce que Bitcoin a laissé inachevé : la promesse de l'argent véritablement libre.
Monero n'est pas Bitcoin privé. C'est l'antithèse ontologique de la surveillance financière.